03.07.2009
La Fraternité
Le devoir d'arracher les misérables à la misère et le devoir de répartir également les biens ne sont pas du même ordre : le premier est un devoir d'urgence ; le deuxième est un devoir de convenance ; non seulement les trois termes de la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, ne sont pas sur le même plan, mais les deux derniers eux-mêmes, qui sont plus rapprochés entre eux qu'ils ne sont tous deux proches du premier, présentent plusieurs différences notables ; par la fraternité nous sommes tenus d'arracher à la misère nos frères les hommes ; c'est un devoir préalable ; au contraire la devoir d'égalité est un devoir beaucoup moins pressant ; autant il est passionnant, inquiétant de savoir qu'il y a encore des hommes dans la misère, autant il m'est égal de savoir si, hors de la misère, les hommes ont des morceaux plus ou moins grands de fortune ; je ne puis parvenir à ma passionner pour la question célèbre de savoir à qui reviendra, dans la cité future, les bouteilles de champagne, les chevaux rares, les châteaux de la vallée de la Loire ; j'espère qu'on s'arrangera toujours ; pourvu qu'il y ait vraiment une cité, c'est-à-dire pourvu qu'il n'y ait aucun homme qui soit banni de la cité, tenu en exil dans la misère économique, tenu dans l'exil économique, peu m'importe que tel ou tel ait telle ou telle situation ; de bien autres problèmes solliciteront sans doute l'attention des citoyens ; au contraire il suffit qu'un seul homme soit tenu sciemment, ou, ce qui revient au même, sciemment laissé dans la misère pour que le pacte civique tout entier soit nul ; aussi longtemps qu'il y a un homme dehors, la porte qui lui est fermée au nez ferme une cité d'injustice et de haine.
- De Jean Coste, Charles Péguy
Les vacances estivales en politique me permettent de reprendre des lectures chère à mon coeur et de faire une petite mise au point de ce qui représente mes valeurs ou du moins des valeurs normalement universelles à mes yeux.
Ces lectures que je définis comme à tiroir, me font plonger dans un monde utopiste au jour d'aujourd'hui, mais qui devrait du moins évolué dans ce sens. Lectures à tiroirs car n'ayant pas dépassé le lycée professionnel, je n'ai jamais étudié de grandes oeuvres de grands écrivains si ce n'est de manières autodidactes et de manières anarchiques. Mon panthéon littérraire se compose d'auteurs comme François Mauriac, Charles Peguy, Marcel Proust, Oscar Wilde, Honoré de Balzac et quelques auteurs comme Robert Escarpit.
Donc je m'essaye à un nouveau style une fois de plus, pour ce blog, je tente de faire découvrir de nouveaux horizons grâce à des lectures journalières... Nous verrons bien...
13:54 Ecrit par Fred dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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